Une réflexion métaphorique de Marie Christine Bréhant

cigale  

La mue

Cet été, mon regard a été alerté par un insecte bizarre, immobile sur mon paillasson.

Tout d’abord j’ai eu peur que mon pied ne l’écrasât.

Puis, saisie par sa forme non identifiée et sa couleur vert fluo avec de gros yeux, j’ai cru à un alien.

Comme dans les films de science fiction. Ma curiosité prenant le dessus, je me suis mise à observer ce mutant de plus près, quand j’ai reconnu une cigale.

Jamais je n’avais vu une cigale d’aussi près et surtout de cette couleur.

J’ai observé, fascinée, cette cigale en train de muer. C’est dégoûtant, c’est verdâtre, c’est mou, ça met un temps fou. Autant dire que pour moi c’est peu encourageant de muer. Et puis après, devant une telle détermination dans son action, une telle patience, une telle irréversibilité, ça force l’admiration et ça vous rend humble devant le changement… Avez-vous déjà observé une cigale en train de muer ??

En fait la cigale, elle a cette couleur quand elle a réussi à se débarrasser de sa vieille peau dont elle met un temps infini à s’extraire.

Et quand elle en est sortie, elle est toute gluante, toute vulnérable, immobile.

Elle attend que ça sèche.

Que ses ailes sèchent pour s’envoler sur un arbre et se remettre à chanter.

Quand elle est mature, sa couleur est grisâtre. Adulte, elle est très difficile à repérer car elle se confond avec l’écorce du pin dans lequel elle se cache. Vous l’entendez faire crisser ses ailes et faire un bruit «  crri crri crii crri crii  » si caractéristique des contrées où il y a du soleil.

Mais sitôt que vous approchez, elle se tait. Et il est très difficile de la voir.

Il faut être très patient. Ca se mérite de voir une cigale chanter à «  tue-t’ailes ».

Alors que m’inspire cette histoire sur la mue de la cigale ? Et vous ? Est-ce qu’on peut résister au changement quand la nature nous pousse tant à changer ? Il faut oser changer : est-ce que le changement, ça peut tuer ? Le changement c’est long ; alors il faut être patient ! Respect Madame la Cigale ! Vous n’êtes pas si insouciante qu’on veut bien le dire. Vous êtes déterminée et courageuse. Oui, le changement ça fait souffrir. Mais après, si on arrive à se projeter dans l’après, c’est une nouvelle naissance. Et on peut à nouveau chanter ! A s’égosiller ! A célébrer la vie !!!

Marie Christine Bréhant

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